Charles-Marie Widor, éléments biographiques

Compositeur, pianiste, organiste virtuose, Charles-Marie Widor (1844-1937) a été une figure majeure de la musique sous la IIIème République. Il a incarné un Art français rayonnant à l’international.

Quelques-uns de ses amis et contemporains…


Pourquoi un colloque sur Charles-Marie Widor en 2027 ? 

L’année 2027 marquera le 90ème anniversaire de la mort du compositeur. C’est l’occasion de célébrer son œuvre, mais aussi de présenter l’état des dernières recherches historiques et musicologiques à son sujet. Les derniers colloques de grande ampleur sur Widor ont eu lieu aux Etats-Unis à Yale University en 1987 et à Princeton University en 2002 ; mais aucun n’a été organisé en France.

Si l’organiste est célèbre auprès du plus grand nombre, même néophytes (grâce en particulier à son iconique Toccata, pendant symphonique de celle de Bach), Charles-Marie Widor n’en reste pas moins une personnalité qui a marqué son époque au-delà de son rôle d’organiste et de professeur : un ambassadeur de l’Art français dans le monde musical.
Comme l’écrivait Isidor Philipp, le grand pianiste et ami de Widor :

[Ses Symphonies pour orgue] n’ont rien perdu de leur fraîcheur, de leur intérêt et elles continuent à figurer sur tous les programmes d’organistes. Mais il n’a pas écrit que pour l’orgue : que de belles pages dans ses œuvres pianistiques dans sa musique de chambre, sonates pour violon, violoncelle, trio, quatuor, et quintettes, dans ses symphonies (symphonie sacrée et symphonique antique avec chœur), dans ses concertos et sa fantaisie pour piano, dans le concerto de violoncelle, dans la musique religieuse, dans ses opéras: Nerto (Opéra), Maître Ambros et les Pêcheurs de Saint-Jean (opéra comique), dans la pantomime Jeanne d’Arc, dans la Korrigane, ce délicieux ballet représenté en 1880 et qui est toujours au répertoire de l’Opéra, dans sa charmante musique pour Conte d’Avril de Dorchain.
N’est-ce pas une étonnante fécondité ? 
C’est dans une langue savante et raffinée qu’il s’exprime. Il déteste la laideur et les audaces inutiles. Son écriture pianistique est neuve. Il y a dans les Pêcheurs de Saint-Jean, dans Nerto – qu’on se rappelle l’acte d’Avignon – des pages de grande beauté dramatique. Les symphonies sont d’un art achevé. Ses œuvres de musique de chambre, ses concertos, sa fantaisie, méritent par l’élégance de leur style, par la perfection de l’écriture, qu’on les place à côté des œuvres de Saint-Saëns.

Isidor Philipp
“Charles-Marie Widor”, Le monde musical, l’orgue et les organistes,
31 mars 1937


Marcel Dupré, Isidor Philipp, Charles-Marie Widor

Une initiative de l’AROSS

Créée en 1991 sous l’impulsion de Daniel et Odile Roth, l’Association pour le rayonnement des orgues Aristide Cavaillé-Coll de l’église Saint-Sulpice, à Paris (AROSS) a pour objet de faire découvrir, de développer et de consolider auprès du plus grand nombre l’image des orgues de Saint-Sulpice en organisant des concerts, des masterclasses et des actions auprès des scolaires.

L’église Saint-Sulpice à Paris abrite deux instruments de musique exceptionnels construits par le célèbre facteur d’orgues Aristide Cavaillé-Coll (1811-1899). Inchangés sur le plan de l’esthétique depuis leur construction, l’orgue de chœur (1858) et le grand orgue (1862) sont d’irremplaçables témoins de l’art de leur auteur et constituent un ensemble majeur du patrimoine organistique mondial.

Le grand orgue est le plus grand instrument jamais construit par Cavaillé-Coll (102 jeux sur 5 claviers et pédalier). Comprenant une grande partie de l’orgue précédent signé F.H. Clicquot (1781), il est classé au titre des Monuments Historiques tant pour son buffet, que pour sa partie instrumentale. Albert Schweitzer en parlait comme du « plus bel orgue du monde ».

L’église Saint-Sulpice est évidemment une place de choix pour rendre hommage à Charles-Marie Widor qui s’illustra au grand orgue durant près de 64 ans (!), de janvier 1870 jusqu’à sa retraite en décembre 1933. Le grand orgue Aristide Cavaillé-Coll, indissociable de l’écriture de Widor, est ainsi devenu l’instrument privilégié pour l’interprétation de son Œuvre.

Actions passées de l’AROSS pour la promotion de Widor :
Auditions et concerts


Nombreux sont les organistes, titulaires, comme invités de passage à cette tribune, qui, à l’occasion des messes paroissiales, des traditionnelles « auditions » dominicales ou des grands concerts organisés par l’AROSS, ont choisi d’honorer le maître de la Symphonie pour orgue dans leurs programmes.
Un rapide parcours des archives de programmes de l’AROSS peut en témoigner…

Widor, Allegro de la 6ème Symphonie
Widor, 5ème Symphonie pour orgue (à 52:30)
Enregistrements


Pour célébrer l’héritage musical de Widor à Saint-Sulpice, l’AROSS a initié et soutenu des enregistrements in situ mettant à l’honneur le compositeur, avec notamment sa Messe op.36 (CD JAV de 2005, réédition 2025), des motets (CD Spektral 2019), et ses Trois nouvelles Pièces, op.87 (CD Aeolus 2025).


Descriptifs et extraits sur notre Boutique :

Communications


Au tout début de l’année 2019, la Société Historique du 6ème Arrondissement rendait hommage à Widor, qui fut un de ses membres, par un cycle de conférence et concerts coorganisé avec l’AROSS :

>> Le Cycle Widor de janvier-février 2019

Les actes de la conférence ont été publiés dans le bulletin de la Société historique du 6ème arrondissement (nouvelle série N°32 – Année 2019), et ont donné lieu à la publication d’un tiré-à-part, disponible auprès de notre association :

Messe solennelle de Widor, un concert XXL


Le 18 mai 2025, était donné à Saint-Sulpice un concert exceptionnel, organisé par l’AROSS, réunissant 250 choristes devant un public de 2500 personnes, pour la Messe à deux orgues et deux chœurs, op.36 de Widor. Un évènement retransmis en direct sur Youtube.


Créations


En février 2022, l’AROSS publiait le court-métrage Le réveil de Widor, de Paul-Anthony Mille. Une plongée onirique dans les entrailles du grand orgue de Saint-Sulpice…

Un voyage à l’intérieur du grand orgue de Saint-Sulpice et de ses nombreux tuyaux qui nécessitent d’être régulièrement accordés. Travail méticuleux d’un homme de l’ombre, où la mécanique de ses gestes peuvent réveiller certaines âmes endormies, et ainsi faire (re)vivre la grande musique.

Réalisation : Paul-Anthony Mille, Kafard Films
Production : AROSS
Bande son : L’Enfant noir, Jean-Louis Florentz, interprété par Alexis Grizard au grand orgue de Saint-Sulpice.
Avec l’aimable autorisation du Curé de Saint-Sulpice et de la Ville de Paris.